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Mycose des ongles : causes et traitement

Une mycose des ongles s'installe sans bruit : une tache jaunâtre ou blanchâtre au bord d'un ongle de pied, que l'on finit par remarquer des mois plus tard, quand l'ongle est devenu épais et friable. Dans la plupart des cas il s'agit bien d'une infection par un champignon, mais pas toujours, et c'est ce qui rend l'autodiagnostic hasardeux. Cette page explique à quoi on reconnaît le tableau, pourquoi un prélèvement est souvent demandé avant un traitement long, ce qui se traite localement et ce qui passe par des comprimés, et ce que nous pouvons faire ou non en Belgique.

Ce que recouvre le terme onychomycose

Le terme médical est onychomycose : une infection de l'ongle par des champignons ou des levures. Elle touche bien plus souvent les ongles des pieds que ceux des mains, et parmi eux surtout le gros orteil.

Le champignon s'installe sous la tablette unguéale et dans le lit de l'ongle. Cet espace est difficile à atteindre, et l'ongle du pied pousse lentement : ces deux éléments expliquent à eux seuls pourquoi il s'agit d'une des infections qui demandent le traitement le plus long.

Une mycose des ongles fait rarement mal. Ce qui amène les gens à la pharmacie ou chez le généraliste, c'est l'aspect, ou le fait qu'un ongle épaissi commence à appuyer dans la chaussure. Chez une personne diabétique ou dont la circulation des jambes est diminuée, il existe une raison supplémentaire de s'en occuper : un ongle abîmé et la peau qui l'entoure deviennent une porte d'entrée pour une infection bactérienne, et le pied est précisément la zone où une petite plaie passe longtemps inaperçue.

Les signes qui orientent vers un champignon

Le tableau classique commence au bord libre ou sur le côté de l'ongle, puis progresse lentement vers la base. L'ongle change de couleur, jaune, blanc ou brunâtre, il s'épaissit et se met à s'effriter.

Souvent, une partie de l'ongle se détache de son lit et une matière granuleuse s'accumule dessous. Il n'est pas rare de trouver en même temps une peau qui pèle et qui démange entre les orteils : le pied d'athlète et la mycose de l'ongle vont fréquemment ensemble, et l'un entretient l'autre. Traiter l'ongle en laissant la peau tranquille revient à vider une baignoire sans fermer le robinet.

La progression est lente. Entre la première petite tache et un ongle entièrement atteint, il se passe souvent de longs mois, et c'est exactement pour cette raison que la plupart des gens consultent tard. Quand plusieurs ongles sont touchés, ou quand la base de l'ongle est atteinte, le problème n'est plus cosmétique : il change la stratégie de traitement.

Un ongle épais n'est pas toujours une mycose

Cette distinction n'est pas un détail, parce que les traitements n'ont rien à voir entre eux.

Le psoriasis unguéal donne de petites dépressions en dé à coudre, des taches cuivrées dites en tache d'huile et un décollement de l'ongle. Il ne répond pas aux antifongiques, et le traiter comme une mycose fait perdre des mois.

Les microtraumatismes répétés font le reste : chaussures trop courtes, course à pied, sports avec arrêts et appuis brusques. L'ongle s'épaissit et se colore sans qu'aucun champignon soit en cause. Un ancien hématome sous l'ongle, lui, avance avec la pousse et finit par disparaître tout seul.

Une bande sombre dans le sens de la longueur, sur un seul ongle, qui est nouvelle ou qui se modifie, ne relève pas de l'automédication. Montrez-la à un médecin, sans attendre de voir comment cela évolue. C'est la seule situation de cette page où attendre n'apporte aucun bénéfice.

Pourquoi un prélèvement est souvent demandé

Un diagnostic fondé uniquement sur l'aspect n'est pas fiable. Une partie des ongles présentés comme mycosiques ne le sont pas, et cela se vérifie dès qu'un laboratoire regarde le prélèvement.

Tant qu'il s'agit d'un vernis appliqué sur un bord d'ongle, l'enjeu reste limité. Dès qu'il est question d'un traitement par comprimés pendant de longs mois, la logique change : on n'impose pas à un foie et à une liste de médicaments les contraintes d'un antifongique général pour un ongle qui, au bout du compte, était abîmé par une chaussure.

Le prélèvement se fait chez le généraliste ou chez le dermatologue : un peu de matière sous l'ongle et quelques fragments de la partie atteinte, envoyés au laboratoire pour un examen direct et une mise en culture. La culture demande du temps, c'est une contrainte du procédé et non un retard administratif.

Un détail pratique : si vous avez déjà appliqué un vernis antifongique, dites-le. Un traitement local en cours peut fausser le résultat, et le médecin vous indiquera le moment où il souhaite faire le prélèvement.

Ce qui favorise l'infection

Le risque augmente avec l'âge, notamment parce que l'ongle pousse plus lentement et que la circulation se fait moins bien. Un ongle déjà traumatisé, des chaussures fermées portées toute la journée, la pratique sportive et des pieds qui restent humides complètent le tableau.

Le diabète, une artériopathie des membres inférieurs et une immunité affaiblie augmentent à la fois le risque d'attraper l'infection et l'intérêt de la traiter. Dans ces situations, le soin des pieds fait de toute façon partie du suivi, et un problème d'ongle y a sa place. Le limage et la découpe ne sont alors pas des gestes à improviser soi-même : un podologue est la personne indiquée.

Les espaces partagés où l'on marche pieds nus, piscines, vestiaires, saunas, sont des lieux de transmission courants. Cela ne veut pas dire qu'il faut les éviter, mais que des claquettes y ont une utilité réelle. À la maison, une pince à ongles qui circule entre plusieurs personnes suffit à faire passer le champignon d'un pied à l'autre.

Les traitements locaux disponibles en pharmacie

Quand l'atteinte reste limitée, c'est-à-dire cantonnée au bord libre et sans toucher la base de l'ongle, on commence en général par un traitement local. En Belgique, il existe pour cela des préparations pour ongles à base d'amorolfine et de ciclopirox. Demandez à votre pharmacien lesquelles sont disponibles sans prescription et laquelle correspond à votre situation : c'est exactement le genre de question pour laquelle le comptoir est utile.

L'application demande de la constance. Le produit s'utilise pendant de longs mois, après avoir limé le bord atteint pour que la substance pénètre, et le résultat n'apparaît que lorsqu'un ongle sain a repoussé. Celui qui arrête au bout de quelques semaines parce qu'il ne voit rien arrête précisément trop tôt.

Traitez en même temps la mycose de la peau si elle est présente, sinon elle réensemencera l'ongle. Faites sécher les chaussures entre deux utilisations, alternez les paires, et lavez les chaussettes à la température indiquée sur l'étiquette. Ces gestes ne remplacent pas le traitement, mais sans eux la rechute est la règle plutôt que l'exception.

Quand des comprimés sont envisagés

Si une grande partie de l'ongle est atteinte, si plusieurs ongles sont touchés, si l'infection remonte jusqu'à la base, ou si un traitement local bien mené n'a rien donné, l'approche locale est généralement insuffisante. C'est à ce moment que des comprimés sont discutés.

En Belgique, des produits contenant de la terbinafine et de l'itraconazole sont commercialisés pour cette indication. Les deux sont soumis à prescription, et les deux demandent une évaluation préalable : ils peuvent solliciter le foie et ils interagissent avec un certain nombre d'autres médicaments, l'itraconazole tout particulièrement. Le médecin regarde donc votre liste complète de médicaments, y compris ce que vous prenez sans ordonnance, et peut demander un contrôle sanguin avant ou pendant le traitement.

C'est la deuxième raison pour laquelle le diagnostic est confirmé d'abord. Engager plusieurs mois de traitement général pour un ongle qui n'est pas infecté n'apporte aucun bénéfice et expose quand même aux inconvénients.

Une fois le traitement commencé, ne l'interrompez pas de votre propre initiative parce que l'ongle ne change pas d'aspect : c'est attendu, et l'arrêt prématuré est une cause fréquente d'échec.

Ce que nous pouvons faire, et ce que nous ne faisons pas

Nous ne vendons pas de médicaments et nous n'en expédions pas. Ce que nous proposons est un questionnaire médical détaillé, lu et évalué par un médecin. Il n'y a ni appel vidéo, ni entretien téléphonique, ni discussion en direct : le médecin décide sur la base de vos réponses. Le médecin qui évalue les demandes, Damian Wojno, est autorisé à exercer en Pologne sous le numéro PWZ 3211301 ; il n'est pas inscrit à l'Ordre des médecins et ne dispose pas de numéro INAMI.

Nous n'instaurons pas de traitement antifongique par comprimés et nous n'évaluons pas un ongle à distance : cette décision demande un médecin qui peut vous examiner, faire un prélèvement et assurer le suivi. En revanche, si un médecin a déjà posé le diagnostic et instauré le traitement, la question de la poursuite peut être appréciée à partir d'un questionnaire, sur /renouvellement-ordonnance/. L'évaluation médicale coûte 24,90 €.

Ce que vous payez, c'est l'évaluation par le médecin, pas la remise d'un document. Si le médecin refuse pour des raisons médicales ou juridiques, la totalité du montant vous est remboursée. Si des informations complémentaires vous sont demandées, vous disposez d'au moins sept jours pour les fournir, vous recevez un rappel et ce délai est prolongé à votre demande ; si le dossier ne peut malgré tout pas aboutir, nous le clôturons et vous remboursons l'intégralité du montant.

Si le médecin estime la poursuite justifiée, vous recevez par e-mail une ordonnance transfrontalière établie selon l'annexe de la directive d'exécution 2012/52/UE. Ce document n'est pas une ordonnance électronique belge : il n'entre pas dans Recip-e, il n'apparaît pas dans les systèmes belges et il n'y a donc ni code ni numéro à communiquer au comptoir. Vous présentez l'impression au pharmacien, avec votre pièce d'identité. Le principe de reconnaissance des ordonnances établies dans un autre État membre figure à l'article 11 de la directive 2011/24/UE, mais il ne retire pas au pharmacien son appréciation propre : c'est lui qui décide de délivrer et il peut refuser. Le médicament se paie en pharmacie, séparément ; un éventuel remboursement dépend de l'indication et des conditions fixées par l'INAMI, et c'est votre mutualité qui l'apprécie, pas nous. L'ordre de grandeur des frais liés à une demande en ligne est détaillé sur /blog/prix-ordonnance-en-ligne/, et la manière dont une ordonnance étrangère est traitée au comptoir sur /blog/ordonnance-etrangere/.

Une mycose des ongles peut-elle disparaître toute seule ?

C'est exceptionnel. L'ongle atteint ne guérit pas : il est remplacé par la partie saine qui repousse en dessous, et tant que le champignon est présent cette repousse est elle aussi contaminée. Sans traitement, l'atteinte a plutôt tendance à s'étendre aux autres ongles et à entretenir une mycose de la peau entre les orteils.

En combien de temps voit-on un résultat ?

Il faut raisonner en mois, pas en semaines. L'ongle du pied pousse lentement et rien n'est visible tant qu'une portion saine n'a pas repoussé depuis la base. Photographiez l'ongle au départ, puis de temps en temps dans la même lumière : c'est plus fiable que votre souvenir, et cela aide à traverser la période où rien ne semble bouger.

Les vernis vendus en pharmacie suffisent-ils ?

Parfois, quand l'atteinte est limitée au bord libre et que la base de l'ongle est indemne. En Belgique, des préparations à l'amorolfine et au ciclopirox existent pour cet usage ; votre pharmacien vous dira lesquelles sont accessibles sans prescription. Si plusieurs ongles sont touchés, ou si l'infection atteint la base, un traitement local ne suffit généralement pas.

Faut-il un prélèvement avant de commencer ?

Pour un traitement local, pas toujours. Avant des comprimés, c'est la règle : l'aspect seul ne permet pas de distinguer une mycose d'un psoriasis unguéal ou d'un ongle abîmé par les chaussures, et un antifongique général n'est pas un médicament anodin. Le prélèvement se fait chez le généraliste ou chez le dermatologue.

Puis-je obtenir des comprimés antifongiques chez vous ?

Non. Nous n'instaurons pas ce type de traitement à partir d'un questionnaire : il suppose un diagnostic confirmé, une revue de vos autres médicaments et un suivi, ce qu'une évaluation à distance ne permet pas. La terbinafine et l'itraconazole sont soumises à prescription en Belgique. Si un médecin a déjà instauré le traitement, la poursuite peut être évaluée sur /renouvellement-ordonnance/, pour 24,90 €.

Comment limiter les récidives ?

Traitez la mycose de la peau en même temps que l'ongle, séchez bien entre les orteils, alternez les chaussures et laissez-les sécher, portez des claquettes dans les vestiaires et les piscines, et gardez votre propre pince à ongles. Si vous êtes diabétique ou si la circulation de vos jambes est diminuée, faites examiner vos pieds régulièrement plutôt que d'attendre un problème visible.